🌹 Derrière Amazigh Flower : les femmes de la vallée du Dadès qui cultivent la rose
Aux sources de la rose marocaine
En mars, nous célébrons les femmes à travers notre initiative « Mars au Féminin » .
Pour cette occasion, nous avons souhaité revenir à la source de l'un des ingrédients les plus précieux de nos infusions : la rose .
Nous nous rendons dans la vallée du Dadès au Maroc , une région réputée pour sa culture de roses marocaines .
C’est ici que sont cultivés les boutons de rose séchés utilisés dans notre thé Amazigh Flower.

Rencontre avec Drissia
Présidente de la coopérative féminine de la vallée du Dadès
Derrière chaque rose récoltée se cache bien plus qu’un savoir-faire —
une histoire de transmission, d’autonomie et de solidarité entre femmes.
Depuis plus de vingt ans, cette coopérative accompagne des centaines de femmes dans la région, leur permettant de gagner en indépendance et de créer leurs propres revenus.
Aujourd’hui, plus de 230 femmes sont soutenues par la coopérative.
Lire l’interview
Ci-dessous, Drissia partage l’histoire de la coopérative, son parcours personnel et l’impact de ce travail sur les femmes de la vallée.
Question : Comment la coopérative est-elle née ?
Drissia : Tout a commencé avec une idée simple : créer une structure permettant aux femmes de générer un revenu décent et de subvenir aux besoins de leur famille.
Nous avons commencé en 2003 sous forme d’association, puis en 2011 nous sommes devenues une coopérative afin de renforcer la dimension économique du projet et permettre aux femmes de créer leurs propres revenus.
Au départ, nous n’avions rien. Nous ne disposions d’aucun accompagnement technique et avons dû compter sur des dons pour construire un local conforme aux normes.
À cette époque, dans la vallée du Dadès, les femmes cueillaient les roses mais bénéficiaient rarement de leur valeur économique.
Elles vendaient souvent les fleurs fraîches à des intermédiaires pour un revenu dérisoire.
Question : Qu’est-ce que cela a changé de devenir une coopérative ?
Drissia : Devenir une coopérative nous a permis de structurer notre activité et de prendre en charge toute la chaîne de production de la rose : la culture, la récolte, la transformation — en rose séchée ou en eau de rose — ainsi que la commercialisation, au Maroc comme à l’international.
Aujourd’hui, 17 femmes travaillent au cœur de la coopérative, et nous soutenons plus de 230 cueilleuses dans la région en achetant leurs récoltes.
Nous sommes passées d’une production de 500 litres de distillation à nos débuts à près de 10 tonnes aujourd’hui, et de 50 kg à 2 tonnes pour la rose séchée.
Pour nous, c’est une véritable victoire contre la précarité et la dépendance.

Question : Qu’est-ce qui vous a poussée personnellement à prendre la direction de cette coopérative ?
Drissia : J’ai eu la chance, grâce à mes parents, de pouvoir faire des études et travailler à l’extérieur de ma région.
En collaborant avec différentes organisations liées au développement, j’ai réalisé que de nombreuses initiatives existaient au Maroc, mais que la situation des femmes dans ma région, à Dadès, ne s’améliorait pas réellement.
J’ai voulu agir pour aider les femmes de ma communauté à sortir de la pauvreté et accéder à une vie plus stable et digne.
“Mon objectif est clair : développer l’autonomie des femmes et améliorer leur situation économique et sociale.”
Une récolte exigeante et minutieuse
Question : Comment les roses sont-elles cultivées et récoltées chaque année ?
Drissia : Le secret de notre qualité est simple : la rigueur et le travail manuel.
Les boutons de rose sont cueillis à l’aube, lorsque la fleur est encore fermée.
Chaque fleur est ensuite triée avec soin, les tiges étant retirées une à une pour ne conserver que les plus belles.
Malgré la sécheresse et l’augmentation des coûts, nous nous engageons à maintenir nos certifications Bio et Commerce Équitable.
Nous avons également lancé un projet de régénération des terres : nous replantons des rosiers, mais aussi des plantes médicinales, des oliviers et des figuiers pour protéger les cultures, préserver la biodiversité et améliorer la fertilité des sols.
Nous avons aussi un jardin potager qui bénéficie aux femmes de la coopérative.
Une reconnaissance au-delà de la vallée

Drissia : C’est à la fois stratégique et émotionnel.
Travailler avec une marque internationale comme Home of Thamani, qui possède une réelle conscience sociale, est très important pour nous.
Vous valorisez le travail manuel et mettez en lumière le savoir-faire de nos femmes. Cela montre aussi que leur travail est reconnu bien au-delà de notre vallée.
Un impact réel sur la vie des femmes
Question : Quel impact la coopérative a-t-elle sur les femmes et leurs familles ?
Drissia :
Cela change tout.
Le revenu que nous versons permet de payer l’eau, l’électricité et les besoins essentiels du quotidien.
Les femmes avec lesquelles nous travaillons ont des profils variés : certaines sont mariées, d’autres veuves ou divorcées et doivent subvenir seules aux besoins de leur famille.
Au-delà du travail, nous contribuons aussi à améliorer les conditions de vie, l’éducation et l’accès aux besoins essentiels.
L’une de nos plus grandes fiertés est d’avoir contribué à empêcher le mariage précoce d’une jeune fille. Aujourd’hui, elle est en troisième année d’université.
Question : Comment les femmes réagissent-elles lorsqu’elles voient leurs roses utilisées dans nos créations ?
Drissia : Elles ressentent une immense fierté.
Voir leurs roses, cultivées avec autant de soin, voyager à travers le monde et être présentées dans de beaux écrins ou dans des boutiques prestigieuses est une grande source de motivation.
Elles ont le sentiment que leur travail est enfin reconnu à sa juste valeur.
Question : Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes qui découvrent cette infusion en France ?
Drissia : La rose représente le soin, l’espoir et le bonheur.
Lorsque vous dégustez Amazigh Flower, souvenez-vous que votre choix soutient directement des femmes qui travaillent chaque jour pour améliorer leur vie et celle de leur famille.
Question : Comment voyez-vous l’avenir de la coopérative ?
Drissia : Dans dix ans, j’espère voir notre coopérative continuer à se développer, augmenter sa production et s’ouvrir davantage à l’international, notamment en Europe et au Japon.
Mon objectif est que les deux tiers de notre production proviennent de plantations appartenant directement à la coopérative. Cela était autrefois possible, mais la sécheresse a fortement impacté nos cultures.
Nous travaillons aujourd’hui à replanter et régénérer nos terres pour retrouver progressivement cette autonomie.
Un autre enjeu majeur est la transmission de notre savoir-faire aux jeunes générations.
🌹 Infuser leur histoire chez vous
Chaque tasse de Amazigh Flower est bien plus qu’un rituel — c’est un hommage aux femmes derrière chaque récolte.
En choisissant Amazigh Flower, vous soutenez leur travail tout en faisant entrer cette histoire dans votre quotidien.


